Retour

11/03/2016

Passation de pouvoirs

Passation de pouvoirs

Nous sommes en mars, le mois où le monde change. Ce mois qui doit voir l’hiver s’effacer penaud face au printemps. Ce mois qui fait renaître les sourires derrière les écharpes et voler les bonnets jusqu’au fond des armoires. Mars, c’est aussi le mois d’une passation de pouvoirs, c’est un entre-deux, entre kiwi et fraise, pas n’importe quelle fraise, la Gariguette. Deux fruits qui ne sont que récemment entrés dans nos habitudes gourmandes. Imaginez, le kiwi ne s’appelle kiwi que depuis 1974, lorsque les néo-zélandais on décidé d’ainsi commercialement le baptiser en référence à leur emblème, l’oiseau Kiwi, auquel le fruit ressemble (1). Mais l’arbre lui n’est pas né de la dernière pluie. Les premières mentions en font état en Chine, au XVIIIe siclèe, où il pousse en désordre le long des rivières. Les fruits sont petits, l’arbre n’est pas cultivé et reste sauvage même si la « groseille de Chine », son nom originel, est appréciés des chinois. Curieusement, cet arbre et ces fruits ont intéressé depuis des lustres.

Des fruits de 20 grammes

En France, une première tentative d’introduction au début du XXe siècle se conclut par un bide total, l’histoire est la même aux USA et en Nouvelle-Zélande. C’est pourtant dans ces îles australes que le kiwi finira par s’imposer et gagnera nos assiettes. La sélection variétale améliore grandement le calibre des fruits qui passent de 20 grammes (une grosse groseille à maquereau) à plus de 100 grammes. L’affaire devient intéressante, le marketing s’en mêle et au début des années soixante-dix, l’affaire est entendue. Les vergers de lianes emmêlées, l’arbre est en effet de la famille des Actinidiaceae, peuvent se développer en Nouvelle-Zélande qui devient, et reste depuis lors, le premier producteur mondial.

L'Adour en berceau

En France, le kiwi revient dans les années soixante, mais c’est dans le sud-ouest et la vallée de l’Adour au pied des Pyrénées, du côté de Peyrerhorade qu’il trouvera sa terre d’élection. Implanté alors par Henri Pedelucq en 1965, qui teste simultanément, avec pertes, les fruits de la passion et le Tamarillo. Depuis, la vallée de l’Adour est devenue comme un berceau pour le kiwi. C’est là bas que se produit une bonne partie de la production française, protégée qui plus est par une indication géographique protégée et un label rouge. On retiendra donc que le kiwi français d’existe réellement que depuis les années soixante-dix, cette décennie qui vit naître également la Gariguette, objet de notre chronique de la semaine prochaine !

(1) Appelé Groseille de Chine, le nom du fruit fut modifié pour cause de Guerre froide !